Le marché de la manutention et de l'intralogistique

L'intralogistique française à l’aune du tout-automatique

Dans les 3 prochaines années, le niveau d'automatisation des entrepôts logistiques français pourrait égaler celui de l'Allemagne. A condition, dès à présent, de miser sur les nouvelles technologies.

Stéphane Conjard

Stéphane Conjard, Directeur de Knapp France

© Knapp-France

Avec 6,5% de croissance attendue en 2016 et 3,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulés, selon le syndicat des équipements pour la construction, les infrastructures, la sidérurgie et la manutention (Cisma) le marché français de l'intralogistique confirme sa bonne santé. Au premier trimestre, l'investissement productif s'est amélioré de 1,6 points (+7% attendu cette année). Résultat, les fabricants d'équipements de manutention voient également leurs carnets de commandes s'épaissir. Par ailleurs, même si les exportations d'équipements industriels sont en légère baisse (-1,3%), l'Allemagne se montre malgré tout toujours friande des produits de l'Hexagone (+5%).

De leur côté, confirmant qu'un virage a bien été opéré, les acheteurs français affichent un appétit prononcé pour les systèmes automatisés (capables de remplacer l'humain, totalement ou partiellement, sur des fonctions précises). Une relative nouveauté alors qu'en matière d'automatisation, le pays est historiquement à la traîne de ses voisins d'Europe du nord, en particulier germaniques. « La France peut rapidement rattraper son retard, à condition qu'elle s'appuie dès le départ sur les nouvelles technologies », estime Stéphane Conjard, directeur de Knapp France, un fournisseur de solutions de manutention.

Robotisation

Thierry Belissa

Thierry Belissa, Directeur de Egemin Automation France, fabricant de solutions automatisées et d’AGV par matériel de manutention et de levage.

© Egemin Automation

Du point de vue constructeur, l'équation consiste à développer des moyens innovants pour augmenter les cadences et réduire les erreurs de manutention (et les dommages dans les rayonnages) tout en réduisant la pénibilité du travail. La réponse unanime réside dans le développement de solutions modulaires, composées de dispositifs les plus autonomes possibles, ne nécessitant pas ou peu d'infrastructures externes pour fonctionner et capables d'assister les opérateurs dans leurs tâches quotidiennes. En ce qui concerne la course à la flexibilité, il s'agit d'une tendance lourde liée à l'explosion des e-Commerces qui, malgré des moyens réduits, cherchent à s'équiper en matériels automatisés dans l'optique d'améliorer leur productivité. « Disposant de peu d'espace, les PME et PMI optent au départ pour quelques systèmes isolés », souligne Thierry Belissa directeur France d'Egemin Automation, un autre fabricant de solutions automatisées. « En fonction de leurs résultats économiques, elles peuvent se diriger ensuite vers des solutions plus larges. » Une stratégie qui offre aux industriels une gamme de commandes variant de quelques centaines de milliers d'euros à plusieurs millions d'euros.

Du coté des systèmes autonomes, deux grandes familles se distinguent. D'une part, les équipements fixes, comme les transtockeurs automatisés ou les systèmes de tri de nouvelle génération. Incorporant des algorithmes de reconnaissance d'images, ces derniers sont capables de lire les code-barres quelle que soit la position du colis et peuvent aussi détecter les anomalies d'emballage. Citons, d'autre part, les équipements mobiles à l'instar des chariots autoguidés et omnidirectionnels qui, contrairement à leurs homologues filoguidés (qui suivent une ligne tracée sur le sol) peuvent se déplacer de manière autonome au sein de l'entrepôt. À même de scanner leur environnement et de se repérer seuls, certains de ces véhicules à guidage automatique (en anglais : Automated Guided Vehicle – AVG) s'illustrent par leur capacité à être auto-apprennant.

WMS

Daniel Chalancon

Daniel Chalancon, Directeur France chez Kardex-Remstar, fabricant de systèmes de stockage automatisés.

© Kardex-Remstar

Parfait exemple de véhicules autonomes, il n'est pas rare de croiser des navettes “Shuttle” qui déambulent dans les allées de stockage. Réagissant aux obstacles, elles élaborent des stratégies de contournement qu'elles stockent en mémoire pour une utilisation ultérieure. Loin des robots d'hier entreposés dans des cages en acier et doublés d'un périmètre de sécurité infranchissable, les robots d'aujourd'hui travaillent au plus près des opérateurs. Ils analysent l'image d'un bac, repèrent des cibles, choisissent le bon préhenseur, l'oriente de manière à saisir automatiquement le produit et, éventuellement, le passe à un humain. Dotés d'une intelligence artificielle, ces équipements s'auto-surveillent et peuvent anticiper les pannes à venir grâce à des programmes de maintenance prédictive. Souvent très ''bavards'', ils font remonter les anomalies techniques vers le système d'information de l'entreprise. À savoir, un logiciel ou progiciel de gestion d'entrepôt (en anglais : Warehouse Management System – WMS) qui contrôle les opérations internes nécessaires à la gestion des flux. Et là encore, l'Hexagone a une solide carte à jouer. « Les WMS français comptent parmi les meilleurs du marché » assure Daniel Chalancon, directeur France chez Kardex-Remstar, un fabricant de systèmes de stockage automatisés. 

Manut3

Navettes Shuttle naviguant entre des rayonnages.

© Knapp AG

Pénibilité

Anthony Couriol

Anthony Couriol, ingénieur commercial chez Promalyon, un fabricant de matériel de palettisation robotisée et de manutention.

© Promalyon

Parmi les autres technologies émergentes sur le marché de la manutention, il faut mentionner les “cobots” dont le nom est issu de la contraction des termes “robots” et “collaboratif”. À l'intersection des sciences cognitives, de la biomécanique et de la robotique, ces cousins germains des exosquelettes prennent la forme de bras polyarticulés mis à la disposition des opérateurs dans l'optique de décupler leurs capacités. Encore rare dans l'intralogistique, la cobotique ne devrait  pourtant pas tarder à se frayer un chemin dans ce secteur, souvent pointé du doigt lorsqu'il s'agit de dénoncer les Troubles musculo-squelettiques (TMS). Jusqu'à présent, pour améliorer les conditions de travail des salariés, les solutions ont privilégié l'ergonomie des postes. Sont également appliqués des principes tels que le “good-to-person” qui consiste à faire acheminer les produits vers les salariés de manière à limiter leurs déplacements et la fatigue qui pourrait en résulter à la longue. Sans devenir obsolètes, ces règles se retrouvent toutefois dépassées par un changement de paradigme qui  consiste, prosaïquement, à transformer les opérateurs en superviseurs de la manutention automatique. « Il y aura toujours besoin d'une surveillance des robots pour pallier les dysfonctionnements éventuels. Sans compter qu'il faut, la plupart du temps, alimenter les robots en consommables », souligne Anthony Couriol, ingénieur commercial chez Promalyon, un fabricant de matériels de palettisation robotisée. Pour l'heure, les humains ne semblent donc pas totalement prêts à céder leur place aux machines.

Manut4

PARMI LES EXPOSANTS DU SECTEUR MANUTENTION ET INTRALOGISTIQUE :

Manut5

A-SAFE / ACTEMIUM / ALUM-A-LIFT / ALVEY SAMOVIE / ANTIPODA / APOLLO VTS B.V. / ARDEN-PLAST / ATECMAA PACKAGING / B+ EQUIPMENT / BA SYSTÈMES / BECK PACKAUTOMATEN / BECKER VERPACKUNG / BENNE SA / BEUMER GROUP / BRITISH CONVERTING SOLUTIONS / CCPIT - MSC / CENPAC / CIUCH SOLUTIONS / CLEVERTECH / COFFEE SERVICE / CONTAINER EQUIPEMENT ET ARRIMAGE / CSI PALLETISING / DALMEC / DENIPRO AG / DS AUTOMOTION / DUMAI EVENTS / DUPLEIX / EASYPACK / EGEMIN AUTOMATION / ELECTROCLASS / ELESA FRANCE / ENGELVIN BOIS MOULE / ERGOPACK FRANCE / FABER - CORIS - PERICHARD - AUPI / FENWICK / BALYO / FRANCE FEUILLARD CERCLAGE / GEBO CERMEX / GETRA / GPH - LEVALAIR / GRENZEBACH / GUILBERT EXPRESS / HALOILA / HANEL SYSTÈMES / HANGCHA FRANCE / HANGZHOU ZHONGYA MACHINERY CO.,LTD. / HMG EMBALLAGE / IFM ELECTRONIC / IGUS / IMS / INGENITEC / INTERROLL / ITALFIL / ITP / JONGE POERINK CONVEYORS / KALLFASS FRANCE / KARDEX FRANCE / KBS INDUSTRIEELEKTRONIK GMBH / KNAPP AG / KONGSKILDE / KUKA / LEGRO / LIFTEC MANIPULATION ERGONOMIQUE / LIFTOP / LINDER - THE STRAPPING MANUFACTURER / LOGISTICA PAGGIOLA / MAFIM / MANORGA / MANUT-LM / MANUVIT / MARCEAU / MIMAFILMS / NEOPOST SHIPPING / NERAK FEUCHT / NERGECO / NORD DRIVESYSTEMS / PAKERS MUSSY / PANOPACK / PANOTEC SRL / PROMALYON / QIMAROX B.V. / REGION CENTRE-VAL DE LOIRE / CENTRECO / RIPACK / RSPI / RULMECA FRANCE / SACRIA INDUSTRIES / SAFIL / SAPELEM / SCHMALZ / SCHNEIDER / SFERE BM / SFRM / SIGNODE INDUSTRIAL GROUP / SITMA FRANCE / SOCO SYSTEM SA / SOLUTIONS MANUTENTION / STOROPACK FRANCE / STRAPEX SAS / SYLEPS / TAIWAN ASSOCIATION OF MACHINERY INDUSTRY / TECADIS SYSTEMS / TECHNI-CONTACT / TENTE / TEUFELBERGER / THIMON / TOSA / TRIAX / ULMA HANDLING SYSTEM / UVO TECHNOLOGIES / VREEBERG BV / WESTFALIA / WICKE FRANCE S.A.S / WUBUMP.

Téléchargez le pdf

A LIRE ÉGALEMENT :
  1. La fiche marché LUXE
  2. La fiche marché  HYGIENE & BEAUTE
  3. La fiche marché  BOISSONS & LIQUIDES
  4. La fiche marché  MULTI-INDUSTRIES
  5. La fiche marché SANTÉ
  6. La fiche marché AGROALIMENTAIRE

Source : Erick Haehnsen

En direct du salon #all4pack2016

Twitter
VIDEOS ALL4PACK