Le marché de l'hygiène et de la beauté

Pour tout savoir sur le marché de l’emballage cosmétique et de produit cosmétique, partie intégrante du salon ALL4PACK Paris (novembre 2018 à Paris Nord Villepinte), rendez-vous dans cette rubrique. Vous y trouverez des informations et données sur le secteur (tendances, exposants, chiffres-clés).

CHIFFRES CLÉS

L’industrie europèenne de la cosmétique (Source : Cosmetics Europe)

  • C.A. 2014 : 72,5 milliards €
  • 4 500 entreprises dont plus de 4 000 PME
  • 16,33 milliards €
  • 140 000 emplois directs, au total environ 1,7 millions de salariés

L’industrie française de la cosmétique (Source FEBEA : Fédération française des entreprises de la beauté)

  • C.A. 2014 : 10,8 milliards €
  • environ 300 entreprises dont 25 000 scientifiques
  • 42 000 emplois directs
  • 5,8 milliards € pour la cosmétique et 16,76 milliards € pour tout le secteur
  • 1er exportateur mondial

CONJONCTURE

Le marché mondial de la cosmétique est estimé à 198 milliards € (source : Cosmetic Europe) sur lequel les USA pèsent 49 milliards €, l’Europe 69 milliards €, la Chine 32 milliards €, le Japon 18 milliards € devant le Brésil 16 milliards €, l’Inde et la Corée représentant 7 milliards € chacun. Exception faite en 2009, ce marché est relativement stable et affiche un TCAM d’environ 3,8 % depuis 10 ans.

En termes de catégories, ce marché se décompose (Source : Consulytancy.uk) en produits dermo-cosmétiques (35 %), capillaires (23 %), de maquillage (17 %), parfums (13 %), d’hygiène 11 % et autres. Avec un marché mondial estimé à 7,7 milliards € en 2013 (2,3 % du marché) et en croissance de 10 %, les produits bio et naturels pourraient atteindre 12,6 milliards € en 2020.

Le marché européen de la cosmétique (Source : Cosmetics Europe et selon les définitions des produits et taux de change) est estimé en 2014 à 72,5 milliards € HT prix de vente détail. L’Allemagne est le premier marché européen (13,01 milliards €), devant la France (10,58 milliards €), le Royaume-Uni (10,4 milliards €) et l’Italie (9,39 milliards €).

L’industrie européenne des cosmétiques enregistre une progression des ventes de + 0,5 % en 2014 ; un rebond par rapport à la baisse de - 1,4 % enregistrée en 2013. Les principaux marchés enregistrent des taux de croissance contrastés : le Royaume-Uni avec + 5,3 % devance l’Allemagne (+ 1,6 %), la France (+ 0,1 %) ; l’Italie et l’Espagne demeurant en récession (respectivement - 1,4 % et - 1,3 %). La croissance par catégorie est surtout portée par le maquillage (+ 1,2 %) et les produits de toilette (+ 1,3 %). 

Les catégories phares en Europe restent les soins pour la peau et les produits de toilette avec chacune 25,4 % de parts de marché, suivies par les produits capillaires (20,8 %),
les parfums (15 %) et le maquillage à 13,4 %. Le marché des cosmétiques bio représente quant à lui 2,8 milliards € avec 68 % de produits certifiés.

Depuis de nombreuses années, la France est le premier pays exportateur mondial de produits cosmétiques, avec 15,9 % de part du marché en 2013, devant les États-Unis (10,8 %) et l’Allemagne (10,7 %). Avec une progression des exportations de 4 % en 2014 (dont 5,45 milliards € sont destinés à l’Europe et 11,3 milliards € vers le monde) et un solde de la balance commerciale à + 8,9 milliards €, l’industrie cosmétique est le 2ème secteur économique exportateur net en France derrière l’aéronautique (23,6 milliards €).

Le C.A. de l’industrie française de la cosmétique est de 10,8 milliards € en 2014. Par catégorie, les produits de beauté et de soin assurent 24,2 % des ventes devant les parfums (20,2 %), les produits d’hygiène (19,6 %), les produits capillaires (13,7 %), l’hygiène buccale (9,6 %), le maquillage (9 %) et les produits pour bébés (3,5 %). Emblème national, L’Oréal continue de dominer le top 7 mondial des fabricants. Et témoin du savoir-faire français, la Cosmetic Valley veut créer un réseau national de start-up « Beauty French Tech » pour lesquels un incubateur ouvrira à l’automne et pourra accueillir jusqu’à 60 jeunes pousses.

Face à des consommateurs qui se concentrent de plus en plus sur la qualité, la performance des produits et sur les résultats perçus, ouverts aux nouvelles technologies, aux produits plus sophistiqués, naturels, et aux nouveaux modèles connectés de distribution et d’usage : l’innovation en packaging est un paramètre stratégique !

LES ENJEUX DU SECTEUR LIÉS À L’EMBALLAGE

  • La révolution digitale et les réseaux sociaux transforment les circuits de distribution ainsi que les rapports entre consommateurs et marques. « Nao le robot », né en France chez Aldebaran, accueille désormais les clientes dans les boutiques Séphora et les invite à choisir une carte plastifiée équipée de la technologie NFC (near field communication) qui est un panier virtuel permettant de remplir un caddie numérique avec des produits qui ne sont pas physiquement présents dans la boutique. Objectif : zéro stock en magasin. Des écrans tactiles et des bornes à côté des testeurs renseignent sur les produits ou permettent de les commander. Quel rôle pour l’emballage dans un point de vente digitalisé ?
  • Cette même révolution digitale permet une ultra personnalisation des emballages. QR code et réalité augmentée s’impriment sur tout type de matériau et permettent de transmettre un message affectueux ou de tester une nuance de maquillage sur sa propre photo.
    En réaction, et au-delà des séries limitées ou des packagings évènementiels, la personnalisation des packagings et des produits se développent dans l’objectif d’un dialogue toujours plus proche avec les consommateurs et d’une fidélisation de ceux-ci.
  • L’e-commerce européen des cosmétiques devrait croître 5 de 8 % par an jusqu’en 2019 (Source : Digital Beauty in Europe A.T. Kearney), soit quatre fois la croissance du marché. De quoi modifier la spécificité du secteur qui mettait en avant le besoin de sentir et de toucher les produits, ainsi que la relation avec un conseiller ! En France, Grande Bretagne et Allemagne, seuls 20 % des personnes interrogées indiquent ne pas vouloir acheter de cosmétiques en ligne. En France, les promotions (70 %), suivies des comparateurs de prix (66 %) sont les principales raisons d’achat de cosmétiques en ligne, alors que trouver ses produits habituels n’arrive qu’en 3ème position (53 %). Comment accélérer les ventes en ligne sans dénaturer l’expérience client et quel emballage concevoir pour contribuer à cette expérience client ?
  • Les discussions sur le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) mettent en lumière les divergences réglementaires entre l’U.E. et les USA où les produits cosmétiques sont considérés comme des médicaments de type Over the Counter (OTC) soumis à des tests très spécifiques. Cosmetics Europe a travaillé avec son homologue américain, le Personal Care Products Council, sur une liste de divergences à aplanir. L’avenir dira si les négociations ont porté leurs fruits et faciliteront le commerce international des produits et emballages cosmétiques.
  • La cosmétique n’échappe pas à l’éco-conception : formulations vertes, efficacité des ressources, choix d’emballage pour réduire l’impact environnemental, projet Product Environmental Footprint (PEF) pour développer une méthode harmonisée pour le calcul de l’empreinte environnementale… sont autant d’actions collectives qu’individuelles. L’Oréal, par exemple, annonce que 53 % de ses produits nouveaux ou rénovés bénéficient d’un emballage dont l’empreinte environnementale a été réduite. Et les biopolymères font leur apparition sur ce marché, tandis que les aérosols se « concentrent ».
  • La cosmétique lutte également contre le gaspillage. Pour preuves : les systèmes de dosage sont de plus en plus précis, les taux de restitution des emballages visent le 100 %, la technologie de l’airless préserve plus longtemps les produits d’où l’on bannit les conservateurs, et les mono doses accompagnent les clientes globe-trotters.
  • Enfin, point essentiel, l’application des produits et la personnalisation des soins et du maquillage font l’objet de nombreuses innovations packaging. La consommatrice se souvient de ce qu’elle tient en main et de ce qu’elle met en contact avec sa peau. Un applicateur ergonomique, des embouts métalliques pour activer la microcirculation, des brosses vibrantes pour appliquer le mascara, des roll-on pour crèmes épilatoires… sont autant d’éléments de l’emballage qui guident la gestuelle naturelle ou réinventent celle-ci. Dans ce contexte, un emballage connecté pour une adéquation parfaite du produit avec la peau ou le visage confère au produit une réelle valeur ajoutée. Preuve que le packaging réinvente les produits !

PARMI LES EXPOSANTS DU SECTEUR DE LA BEAUTÉ : 

ACE Solutions / ACTI PACK / ALPA BERTHOD / CVP, Creative Vision of Packaging / EMBATHERM / INVOLTEC INTERNATIONAL / KOCH PAC SYSTEME / MARIN G & C / MOM / OPTIMA / PET Power - RPC / PKB COSMETICS,TOILETRY AND FRAGRANCE FILLING LINES / PULVOREX / RATIONATOR MASCHINENBAU / SOLLAS FRANCE / TECNICOLL S.R.L. / TGM - TECNOMACHINES / TINARELLI SRL / Weckerle Machines / WUXI SUNMART SCIENCE AND TECHNOLOGY. Liste arrêtée au 12/06/2018

Source : Annette Freidinger-Legay, expert international en emballage et conditionnement et consultante pour le salon ALL4PACK Paris.