Le marché des boissons et des liquides

Pour tout savoir sur le marché de l’emballage boisson, partie intégrante du salon ALL4PACK Paris (novembre 2018 à Paris Nord Villepinte), rendez-vous dans cette rubrique. Vous y trouverez des informations et données sur le secteur (tendances, exposants, chiffres-clés).

CHIFFRES CLÉS

L’industrie européenne des boissons en 2013 (Sources : Eurostats/FoodDrinksEurope)

  • C.A 2013 : 174 Milliards € (15 %des produits alimentaires)
  • 23 120 entreprises
  • 378 000 salariés (15 % des IAA, 4ème branche agro-alimentaire)en 2013
  • 25,882 milliards € à l'export en 2014

L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES BOISSONS (Source : INSSE-ESANE)

  • C.A. 2014: 28, 2 Milliards € (20 % des produits alimentaires)
  • 3 125 entreprises
  • près de 70 000 salariés
  • 13,465 milliards € d’exportation
  • 1er exportateur mondial

CONJONCTURE

Le marché mondial des boissons, estimé à 1 774 milliards US$ en 2014 par MarketLine, a cru de 3,3 % par an en moyenne entre 2010 et 2014. La consommation en volume atteint 818,9 milliards de litres avec une croissance annuelle moyenne de 3,4 % durant la période.

Le marché mondial des boissons alcoolisées est chiffré en 2015 à 1 237 milliards US$ par Transparency Market Research et pourrait atteindre 1 547 milliards US$ en 2022 avec un TCAM de 3,2 %. Cette croissance répond à la demande des pays en développement bien que l’Europe reste le plus fort bassin de consommation. La catégorie gagnante est la bière, suivie par les spiritueux et par le vin. Ainsi, la production mondiale de vin est estimée par l’Organisation Internationale de la Vigne et du vin à  278,8 millions d’hectolitres en 2014, dont 60 % en provenance de l’UE.

En Europe, le marché des boissons atteindrait 684 milliards US$ en 2014 selon Market Research, soit + 1,6 % l’an en moyenne entre 2010 et 2014, et plus de 222 milliards de litres avec un TCAM de 1,3 % durant la période. Le segment de la bière y pèserait 36,4 % en valeur.

En France, le C.A. de l’industrie des boissons chiffré à 28,2 milliards € a cru de 2,9 % en 2014 selon Agro Media (contre 0,9 %pour l’ensemble des IAA), tant du fait d’une hausse des prix (+ 3,2 %) que d’une augmentation de la production en volume -hors vin- de + 3,7 %.

Cette augmentation s’explique par la progression des boissons rafraîchissantes (+ 8 %), la baisse de la consommation de boissons alcoolisées, le nombre particulièrement élevé de nouveautés, des prix sur les ventes en volume -comparativement à 2012/2013 les années les plus touchées par la « taxe soda »- et par une température anormalement élevée. Les exportations s’élèvent à 13,465 milliards € avec un solde d’excédent commercial de 10,5 milliards €. Pour l’ANIA (ANIA : Association nationale des industries alimentaires), la production en volume des boissons a encore progressé de + 6,6 % de septembre 2014 à septembre 2015, tandis que de la production alimentaire reculait de 0,8 %.

Chaque année, 6,5 milliards de litres d’eaux minérales sont produites en France pour un C.A. de 3,5 milliards € plaçant la France au 3ème rang des producteurs européens, derrière l’Italie et l’Allemagne, mais au 1er rang des exportateurs mondiaux avec 40 % de parts de marché et un chiffre d’affaires de plus de 600 millions €.

Les volumes de boissons alcoolisées ont cru de 1 % en 2014 succédant à une année 2013 morose. La bière, en bénéficiant de l’effet « Coupe du monde de football », a enregistré + 3 % en valeur et + 16 % en volume en 2014, après avoir perdu 7 % l’année précédente en raison de la hausse des droits d’accises. En 2015, le C.A. des 125 producteurs de Brasseurs de France (Source : Brasseurs de France) s’établit à 2,2 milliards € pour 85 % de la production française de bière réalisée par 700 brasseries au total.

Les ventes d’alcools et spiritueux se chiffrent à 4,46 milliards € (Source : Fédération Française des Spiritueux) en 2014, soit une progression de 1 % en valeur, mais une baisse de 0,6 % en volume. Les exportations représentent 419,6 millions de litres (- 1,6 %) et 3,3 milliards € (- 5,3 %) dont 66 % pour le Cognac.

La production de vin en 2014, évaluée à 46,5 millions d’hectolitres (Source : Agreste) soit + 10 % par rapport à la faible récolte de 2013, a permis à la France de retrouver son titre de 1er producteur de vin de la planète. Leadership de courte durée car, en 2015, la production française est estimée à 47,3 millions d’hectolitres derrière l’Italie à 48,8 millions d’hectolitres. La balance commerciale des vins reste excédentaire avec 7,1 milliards € en 2014, les exportations de Champagne représentant 7 % en volume et 31 % en valeur.

LES ENJEUX DU SECTEUR LIÉS À L’EMBALLAGE

  • En Europe, le secteur des boissons est le plus innovant des IAA avec 7,2 % d’innovations en 2014 (Source : Data and trends : European food and drink industry 2014-2015, Food Drink Europe), et 2015 a été particulièrement fertile. Outre des saveurs originales et sophistiquées, les fabricants ont développé desemballages pratiques en terme de préhension et de dosage tels les bouchons contenant du concentré de siropet des bouteilles souples à presser, des emballages pour une consommation nomade tels les les boîtes-boissons refermables, les briquettes pour jus de fruits, les minigourdes pour enfants, et même une goutte d’eau de 20 cl en PET pour Evian.
  • Le neurobranding repose sur la connaissance clinique des émotions ressenties par les consommateurs et mises en évidence par IRM, et cherche à construire pour les marques des attributs ayant un impact émotionnel maximal en jouant sur différents aspects dont le packaging. Sa principale application est l’optimisation polysensorielle dans le temps et l’espace : iconographie et autre sens tels que plaisir olfactif, toucher des matières et son de l’emballage. Ou comment choisir la couleur de son packaging en fonction de l’analyse IRM des émotions procurées par l’arôme d’une boisson !
  • La filière du Champagne a établi le bilan carbone de ses activités et s’est engagée à réduire de 75 % ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. C’est ainsi que le poidsdes bouteilles été revu à la baisse. La bouteille ne pèse plus aujourd’hui que 835 grammes tout en continuant à résister à une pression interne de 6 bars.
  • La filière des BRSA et des eaux utilise massivement le PET recyclé autorisé au contact alimentaire. Elle utilise également des biopolymères ou matériaux d’originenaturelle renouvelable comme la fameuse « plant bottle» fabriquée avec 100 % de MEG (mono-éthylène glycol) produit à partir de canne à sucre. Demain, les bouteilles seront en polyéthylène-furanoate (PEF), plastique biosourcé à base d’amidon et de sucre de betterave, transformé par injection et possédant des caractéristiques égales ou supérieures au PET. Un process de production compétitif du FDME (ester méthylique de l’acide furane dicarboxylique) à partir de fructose est également en développement.
  • Les séries limitées et la premiumisation des emballages pour boissons alcoolisées se confirment. Pour fidéliser lesconsommateurs, les packaging sont adaptés aux lieux, circonstances et modes de consommation avec descanettes de 50 cl, des bags in box, des magnums de vin roséou, au contraire, des mini fioles de vin pour une consommationau verre, et surtout des strass, des paillettes et de la lumièrepour les noctambules !
  • Ces développements s’accompagnent d’innovations technologiques pour garantir la traçabilité des produits, lutter contre la contrefaçon et les marchés parallèles, et créer un lien avec le consommateur. QR codes, NFC (Near Field Communication) et puces RFID y contribuent tout en développant la digitalisation de la filière. 
  • Et les boissons n’échappent pas à la tendance du bio ! Les jus de fruits bio représentent 116,2 millions € en 2013 (Source : Natexpo) et mettent à l’honneur des parfums exotiques : sirop de fleurs du cocotier, jus de fruit au baobab…. Les magasins spécialisés prônent la vente avec un système d’emballagesconsignés et des approvisionnements ultra-courts comme pour la bière, et même des kits pour fabriquer celle-ci : ou du Do it Yourself (DIY) au Produce it Yourself (PIY) !

PARMI LES EXPOSANTS DU SECTEUR BOISSONS : 

AFINOMAQ / AmbaFlex Spiral Conveyor Solutions / AVE TECHNOLOGIES / COMEP / E2M - ESTUDIS ELECTRO-MECANICS SL / EUROPOOL S.R.L. / EZS EASY SOLUTIONS / Gebo Packaging Solutions France SAS / GERNEP GmbH Etikettiertechnik / HTG INDUSTRY FRANCE / KHS GmbH / Krones / METTLER TOLEDO / NORTAN S.R.L. / OMME FRANCE SARL / PACK' CO / PACKSYSTEM DEVELOPPEMENT / POSIMAT / Serac  / SMI / SNEYDERS / T.E.P. (Techniques Embouteillage Packaging). Liste arrêtée au 12/06/2018

Source : Annette Freidinger-Legay, expert international en emballage et conditionnement et consultante pour le salon ALL4PACK Paris