Tablette de chocolat en morceaux

Pas d’emballage, pas de chocolat

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Dans une société en questionnement et en mouvement face aux enjeux environnementaux que plus personne ne peut ignorer, les emballages sont plus que jamais pointés du doigt par les consommateurs et les ONG. En réaction, les pouvoirs publics légifèrent : l’interdiction de mise sur le marché de certains emballages en plastique à usage unique n’est qu’un début. L’ensemble du secteur de l’emballage n’a plus le choix, il est sommé d’apporter rapidement des alternatives pour mieux respecter l’environnement. 

Emballage pour un produit d'hygiène

Selon un sondage IFOP, réalisé le 13 mai pour le salon ALL4PACK 2020, les consommateurs expriment de fortes attentes sur les emballages : 81% des sondés préféraient des produits qui nécessitaient moins d’emballage avant l’épidémie de Covid-19 et ils sont restés une majorité, 60%, à ne pas avoir modifié leur comportement malgré la crise sanitaire. Une tendance qui semble bien ancrée et qui appelle à des changements radicaux chez les industriels pour la conception d’emballages plus facilement recyclables, voire réutilisables. Dans ce même sondage, 61% des personnes interrogées aimeraient que les industriels consacrent davantage d’efforts dans la conception d’emballages durables.

Cette aspiration ne date pas d'aujourd'hui, et a été suffisamment forte pour faire agir nos politiques. Avec la loi Économie circulaire, promulguée en février dernier, l’interdiction des emballages non recyclables est désormais actée pour 2030. Elle vaut pour tous les matériaux et devrait se généraliser pour tous les pays de l’Union Européenne dans les prochains mois. Des objectifs ambitieux pour accroître les taux de recyclage des emballages sont fixés, ainsi que des objectifs d’intégration de matière recyclée dans leur composition. De plus, la commercialisation de certains produits pourrait être conditionnée à l’incorporation de matière première recyclée. Pour atteindre tous ces objectifs, un plan quinquennal de réduction, réemploi et recyclage (3R) sera défini par décret pour la période 2021-2025, puis sera revu tous les 5 ans…

Le réveil a sonné, il est temps de se réveiller, la révolution de l’emballage est bien en marche !

Force est de constater que les consommateurs veulent toujours plus : des emballages plus faciles à utiliser, plus faciles à ouvrir et à refermer ; en même temps des emballages plus respectueux de l’environnement, 100% recyclables, biodégradables, réutilisables… Tous les résultats d’études convergent dans ces deux domaines vers des scores qui avoisinent les 100 %, si bien qu’il ne s’agit plus d’une tendance pour l’emballage, mais d’un véritable prérequis. L’emballage de demain devra obligatoirement être plus pratique et plus respectueux de l’environnement. Ceux qui pensent qu’une nouvelle tendance pourrait ébranler cette conviction des consommateurs se trompent. Il n’y aura pas de retour en arrière.

L’épidémie du Covid-19 a remis les pendules à l’heure

Emballage alimentaire

L’épidémie du Covid-19 a rappelé la raison d’être de l’emballage. Sans contenant, la sécurité alimentaire, la consommation et la distribution de certains produits se révéleraient tout simplement impossibles ! Le Premier ministre le soulignait dès le 19 mars devant les députés. Ce secteur joue un rôle crucial et s’avère indispensable à la distribution des denrées alimentaires mais également au maintien de l’activité des secteurs stratégiques de la nation. L’enquête réalisée début avril par Elipso le confirme, la moitié des fournisseurs d’emballages pour l’alimentaire, dont les produits sont destinés à la grande distribution, ont dû faire face à une hausse de leur activité depuis le début de la crise sanitaire.

Alors oui, l’emballage est utile. Après plusieurs années d’attaques répétées et l’arsenal législatif qui se met en place, les enseignements du Covid-19 permettent de redorer le blason de l’emballage. Faut-il encore rappeler que la formule « le meilleur emballage est celui qui n’existe pas » est encore en vogue. Ce à quoi, Les professionnels de l’emballage, ne manqueront pas de rétorquer : « Pas d’emballage, pas de chocolat » !

La tendance plus forte que le Covid-19

Il serait vain de croire que cette crise inversera durablement la tendance profonde des consommateurs pour moins d’emballage et qu’elle émoussera leur désir profond pour qu’il soit plus respectueux de l’environnement.

Bien que les circonstances sanitaires inédites nous imposent l’usage unique et l’incinération de beaucoup de ressources souillées, l’épidémie n’enterrera pas les « 3R » ! Réduction, Réemploi et Recyclage demeurent plus que jamais les objectifs de l’emballage vertueux d’après Covid.

Plutôt que de tenter de revenir sur les avancées réglementaires annoncées en début d’année, le secteur de l’emballage devrait en profiter pour ressortir grandi de cette crise. En profiter pour se réinventer, en affirmant qu’il est plus sûr, plus protecteur, tout en étant éco-conçu pour éviter toute forme de gaspillage du contenant comme du contenu. Cela permettra, espérons-le, de changer, de façon durable, le regard qui est porté sur l’emballage et sur un secteur qui mériterait aussi de temps en temps quelques applaudissements.

Certaines entreprises se sont lancées dans cette révolution, chacune avec leurs convictions, leurs solutions. De nombreuses innovations apparaissent un peu partout dans le monde aussi. La Révolution de l’emballage, nouveau livre blanc qui sera publié cet automne, dans le cadre du prochain salon l’emballage ALL4PACK Paris, permettra de dresser un panorama et un décryptage des nombreuses solutions émergeantes qui feront que l’emballage sera toujours plus performant et plus respectueux de l’environnement.

Fabrice Peltier

Tribune par Fabrice Peltier, designer, consultant créatif et éco-conception