L'interview de Jean-Michel Guarneri de l'Aslog

LES PROBLÉMATIQUES DE L’OMNI-CANAL FONT PARTIE DES GRANDES TENDANCES ACTUELLES AUXQUELLES SONT CONFRONTÉES LES ORGANISATIONS SUPPLY-CHAIN DES ENTREPRISES

- Jean-Michel Guarneri, président de l’Aslog

L’omni-canal est une préoccupation majeure des directeurs supply chain

Sans conteste, l’omni-canal est le sujet incontournable du moment et de ces prochaines années pour les directeurs supplychain. Face à une demande toujours plus exigeante, la distribution multicanale - le fait d’être en contact avec ses clients simultanément via plusieurs canaux de distribution - a dû s’organiser pour devenir omni-canal. Le nouveau consommateur ne se contente plus d’avoir accès à tous les canaux de distribution, il veut pouvoir commander sur l’un, retirer son produit sur l’autre, et pourquoi pas l’échanger sur un troisième, et cela en toute simplicité. La distribution s’est donc repensée pour faire face à cette nouvelle demande, où les frontières entre les différents canaux de distribution n’existent plus. De fait, l’organisation des entrepôts nécessitent également d’être revisitées.

En effet, il n’est plus possible, ou en tout cas difficile, de dédier un entrepôt ou un stock à un seul canal de distribution. Les logisticiens, à partir d’un même stock, doivent être en capacité de préparer à la palette, au colis mono-référence et au colis multiréférence, et cela indépendamment des volumes et des poids des produits. Pour supporter ces complexités additionnelles, de nouveaux outils informatiques ont été édités tels que les OMS (Order Management System). Ils permettent aux organisations logistiques omni-canal d’optimiser l’ordonnancement des opérations de préparation des commandes. Automatisation et robotisation sont venus également supporter le développement des opérations omni-canal. Si auparavant, le premier critère de décision pour décider d’investir dans un système automatisé ou robotisé était le volume d’opérations à traiter, la complexité liée à l’exécution des opérations multicanal fait maintenant partie des premiers critères de décision.

L’environnement, nouvel enjeu fort

Sous l’impulsion de grands acteurs du commerce en ligne, la livraison dans la demi journée, voir dans l’heure, est devenue l’une des références actuelles de la qualité de service. Mais est-ce que le consommateur/citoyen est prêt à accepter les conséquences de cette course contre la montre : congestion du trafic des villes, pollution atmosphérique et sonore, nouveaux métiers dangereux, ... ? Bon nombre de directeurs supply-chain estiment que nous devons redéfinir les vrais besoins des consommateurs en la matière, avec eux bien sûr, et que le plus important c’est de respecter la promesse annoncée, plutôt que de se focaliser à réaliser la livraison la plus rapide. Dans cette démarche environnementale, le transport doit également être optimisé pour éviter les kilomètres à vide, les mauvais taux de remplissage et les tournées mal organisées. L’emballage et en particulier le suremballage a également un rôle important en la matière : il doit être ajusté à son contenu pour éviter le transport de «poches de vide». Notre société est de plus en plus demandeuse et respectueuse de démarches durables et responsables et juge de plus en plus la performance des entreprises et des enseignes sur ces critères.

De nouveaux outils/solutions digitaux au service du supply chain management

En partenariat avec des cabinets de conseil en recrutement et gestion des ressources humaines, l’Aslog s’attache à identifier les nouveaux métiers du supply-chain management.

A titre d’exemple pour l’année en cours :

  • Le data scientist, pour traiter et analyser l’ensemble des flux de données captés à l’interne et à l’externe pour améliorer la qualité de service et optimiser les opérations,
  • Le planificateur de production «logistique», pour, en temps réel, ordonnancer la production logistique et piloter les systèmes automatisés et robotisés,
  • Le responsable de maintenance des systèmes automatisés et robotisés logistiques pour garantir un taux de disponibilité élevé des outils de production
  • Le contrôleur de gestion «logistique», pour bien mesurer le coût et la performance réelle des opérations logistiques dans un contexte de complexité accrue.

Face aux nouveaux défis et aux nouveaux besoins du supply-chain management, la formation continue a un rôle important à jouer pour faire monter en compétence les équipes logistiques et supply-chain en place. Il est également indispensable de savoir attirer de nouveaux talents, dans cette filière complexe, parfois incomprise et peu attractive. « Le supply-chain management n’a pas uniquement besoin de spécialistes. L’importance croissante de cette fonction, à la croisée des autres fonctions clés de l’entreprise, nécessite également des profils de manager et de top-manager », détaille Jean-Michel Guarneri. L’Aslog a ainsi créé, il y a deux ans, le label « Graines de manager » pour déceler les nouveaux managers talentueux de demain.

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