Impression numérique, fabrication additive dans le secteur de l'emballage...quelle croissance pour les technologies digitales ?

La fabrication additive avait révolutionné le prototypage à la fin des années 1990. Elle arrive aujourd’hui dans la production en série, et l’impression numérique est devenue incontournable. Le challenge ne se situe plus au niveau de la technique, mais des finitions qu’elle propose aux donneurs d’ordre, tout en réduisant la masse utilisée. L’évolution du comportement des consommateurs s’y ajoute, amenant les entreprises à répondre à de nouvelles attentes.

Le cas L’Oréal

L’Oréal a démarré il y a deux ans un programme de transformation digitale d'envergure avec cinq priorités :

  • Diviser par deux le time to market
  • Offrir des produits personnalisés
  • Adresser des objets connectés en interne et en externe
  • Explorer les nouveaux territoires de la data et de l’intelligence artificielle
  • Avoir des usines plus agiles

Il s’agit d’accélérer le mode de fonctionnement, de proposer plutôt de nouveaux produits aux consommateurs au sein des équipes packaging et développement. Le groupe a fait le choix d’une petite équipe digitale pour effectuer une veille technologique, définir la vision, coordonner les initiatives, prioriser les projets et déployer les bonnes pratiques.

La data est partout, ce qui représente une opportunité pour le groupe L’Oréal qui développe de meilleures méthodes de travail pour améliorer la connexion, la personnalisation et les moyens de développement. De son côté, la lutte contre la contrefaçon est fondamentale et doit répondre à trois besoins, à savoir l’anti-contrefaçon elle-même, la traçabilité unitaire et l’interaction avec les consommateurs.

Le client doit pouvoir bénéficier de la technologie la plus simple possible pour son expérience utilisateur, dans le cadre d’une écoconception constante. Tous les salariés du groupe sont mobilisés autour d’un programme visant à être plus respectueux de l’environnement et avoir des produits pérennes. L’Oréal s’est engagé à ce que l’ensemble de ses produits soient recyclables, compostables ou réutilisables à horizon 2025. La fabrication additive fait partie des outils nécessaires à atteindre cet objectif.


Quels sont les objectifs et les challenges d’une entreprise telle qu’Erpro Group ?

Erpro Group existe depuis 20 ans dans le domaine de l’impression 3D, ou de la fabrication additive. Le terme de fabrication additive désigne une utilisation plus professionnelle que celui d’impression 3D, davantage relatif aux machines conçues pour les particuliers.

Cette entreprise est le premier cas d’application de fabrication additive en grande série, avec la production de la nouvelle brosse de mascara de Chanel, dans un matériau bio sourcé. Cela n’a jamais été fait auparavant, aucune société au monde n’a produit des pièces en aussi grande quantité. Erpro Group est donc une entreprise pionnière en termes de fabrication additive, mais il reste encore de nombreuses étapes à franchir.

L’utilisation de l’IA dans le développement des produits est un peu prématurée pour l’entreprise, mais elle imagine déjà de nombreuses applications puisque les machines posent des soucis en termes de fiabilité.

Elles pourraient, par ce biais, apprendre à s’autodiagnostiquer, à prédire une manière de travailler, de positionner les pièces, de changer certains paramètres, et de modéliser le comportement de fabrication de manière macroscopique. Ceci afin de prédéfinir quelles sont les contraintes résiduelles qui subsistent à la fin de la fabrication et qui parfois entraînent des déformations sur les pièces.

Par ailleurs, l’éco-conception fait partie des nombreux défis qu’Erpro Group a à relever. Pour l’instant, il n’existe que peu de matériaux biosourcés, même s’il existe du PLA pour des applications d'impression 3D destinées à de petites machines pour les particuliers. En ce qui concerne la fabrication additive professionnelle, à part le polyamide 11, le secteur est relativement démuni en termes de matériaux.

MGI Digital Graphic Technology et la fabrication additive

Les challenges de la fabrication additive se sont déplacés. L’impression n’est plus le problème unique des donneurs d’ordre. Désormais, la finition, l’embellissement du packaging ainsi que la terminologie d’impression et de finition du packaging sont des éléments différenciateurs de cet emballage sur un linéaire.

MGI Digital Graphic Technology est une entreprise leader de l’embellissement au niveau du vernis sélectif et de la dorure à chaud numérique qui permettent de réaliser du prototypage, de la différentiation via de la donnée variable et de la production au niveau de la finition.

La technologie jets d’encre permet de générer des éléments capteurs d’attention par des effets tridimensionnels au toucher, qui donnent aussi un aspect luxueux au packaging.

Il est également possible de produire de l’électronique imprimée sur l’emballage, permettant une traçabilité du contenu et du contenant, d’avoir de l’information encodée ou d’illuminer le packaging tout en demeurant respectueux de l’environnement. Les procédés à base d’acide et les encres argentiques ne sont plus utilisés, au profit des encres aluminium.

L’entreprise a développé un scanner à base d’intelligence artificielle capable de réaliser plus de 5 milliards de calculs par seconde, trois fois de suite primé aux États-Unis notamment par le duPont Award du packaging. Ce système a été développé en 3 ans avec l’université de Grenoble.

Il existe deux niveaux de sécurisation du document, la réalisation d’hologrammes personnalisés et l’antenne RFID sans puce, imprimable en jet d’encre sur le packaging. L’électronique imprimée représentait en 2018 plus de 4 milliards, et il est estimé pour 2020 à 31 milliards, il s’agit donc d’une croissance exponentielle.

En matière d’écoconception, l’entreprise fait usage de polymères qui rendent superflu le recours aux UV ou aux fluides sans solvants. MGI dispose de son propre département chimique et formule ses fluides en prenant cette considération en compte.

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