IoT et blockchain : nouveaux piliers de la supply chain

La supply chain 4.0 est due aux dernières technologies de l’information et de la communication. Ces technologies offrent de nombreuses opportunités et ont le potentiel pour devenir sources de révolutions équivalentes à ce qu’Internet a apporté en son temps aux applications métiers. Alors, quelles sont les valeurs ajoutées de l’IoT et de la blockchain en termes d’emballage dans le cadre de la supply chain ?

IoT et l’Internet industriel des objets

L’IoT consiste à relier à Internet des objets en tout genre (chaussures, frigo, etc.). Il pose également la question de l’utilisation de ces capteurs au sein de l’industrie et de la supply chain. L’IoT et la blockchain permettent de répondre aux besoins business.

L’IoT peut aussi s’illustrer à travers des pratiques telles que l’asset tracking. L’asset tracking concerne le suivi des emballages durables au sein de la supply chain, par exemple en cas de flux complexe multifournisseurs.

Quid de la blockchain ?

Dans le cadre de la supply chain, la blockchain correspond à des bases de données réparties sur Internet, fonctionnant à l’aide d’un protocole qui leur permet d’échanger avec l’extérieur. Lorsque l’on met des informations sur ces nœuds (les bases de données), elles sont sécurisées et ne sont plus modifiables. En effet, elles sont dupliquées sur les différents réseaux, et si l’information est changée à un endroit, les autres nœuds la rejettent.

La donnée est donc définitive, puisqu’on peut la modifier par la suite, mais cela assure une traçabilité de l’information. Techniquement, il s’agit d’un outil, d’un registre partagé au sein de la supply chain, distribué, décentralisé et sécurisé. Ce registre permet de donner à un réseau une même vision de la vérité, partagée et infalsifiable au sein du réseau.

Cette vérité déclarée permet de relever l’origine de chaque écriture dans la supply chain, et d’améliorer l’excellence opérationnelle en processus Internet. Cela permet également de réduire les risques dérivant d’un mauvais partage d’information entre différents compétiteurs ou partenaires d’un même écosystème.

Si la blockchain offre par ailleurs une garantie sur l’impossibilité de falsifier des données fournies au sein de la supply chain, elle ne garantit pas que la donnée est vraie à l’origine. Pour aller au bout du concept, il importe donc de valider les informations avant de les enregistrer.


À propos de la notion d’interface pour le client grand distributeur

La société Connecting Food n’installe rien chez les clients, mais capte l’information via des objets connectés ou de l’extraction à partir d’ERP. Il est par exemple possible de géolocaliser des vaches et de vérifier le temps qu’elles passent à l’étable ou en pâturage à partir des colliers qu’elles portent, et ce sans aucune intervention de la part des agriculteurs. Cela facilite le travail de ces derniers et garantit l’homogénéité des produits que l’on peut concevoir dans le domaine de l’agriculture.

L’initiative Food Trust est un réseau qui a commencé à prendre de l’ampleur lorsque de grands acteurs de l’écosystème américain et de l’écosystème européen ont décidé d’y participer de manière active. Il s’agit d’une initiative technique visant la mise en place d’un système partagé entre les différents compétiteurs.

Cette idée est née d’une intuition de Walmart à la suite de scandales alimentaires. La blockchain permet d’apporter une meilleure traçabilité globale des produits dans la supply chain grâce aux emballages, ce qui a attiré de nombreux participants tels que Nestlé ou Carrefour. C’est IBM qui a co-créé cette plateforme avec ces acteurs.

Faut-il imposer ou co-construire la norme ?

Il existera à terme de nombreux acteurs dans la blockchain, mais ils devront être interconnectés, car les grandes enseignes telles que Nestlé ou Danone n’ont aucun intérêt à s’adapter à plusieurs prestataires de blockchain dans le but travailler avec les différents distributeurs. Il y a donc une nécessité de standardiser et de faire en sorte que ces systèmes communiquent entre eux, ou bien que les lignes de code soient les mêmes pour toutes les blockchains.

À la base de la création de Connecting Food résident deux principes : la scalabilité et l’interopérabilité. L’idée est de collecter de l’information pouvant aboutir à des solutions en mesure de fonctionner avec les différents systèmes.

Pourquoi est-il intéressant de faire dialoguer l’IoT et la blockchain ?

Pour mettre en place de l’IoT dans le secteur des emballages, il importe de définir le coût des capteurs au regard de l’utilisation qui en est faite au sein de la supply chain. Un coût intéressant pour les entreprises est un coût accessible et rentabilisable. Par ailleurs, c’est l’usage qui dicte les frontières entre l’IoT et la blockchain. On peut par exemple :

  • Chercher un simple transfert de responsabilité et dans ce cas n’avoir besoin que de la blockchain,
  • Savoir où sont les produits d’une filière, et dans ce cas-là avoir besoin de l’IoT,
  • Opérer un suivi logistique et des mises à jour en temps réel, et dans ce cas avoir recours au couple blockchain et IoT.

Blockchain est synonyme de confiance, tandis qu’IoT est synonyme de vérité. L’objectif est de combiner les deux, afin de disposer d’un argument de réassurance vis-à-vis du consommateur. Par exemple, les acteurs de la supply chain doivent être capables de garantir l’absence d’antibiotique dans les poulets vendus, notamment grâce à l’intervention d’un vétérinaire affirmant dans la blockchain n’en a prescrit aucun.

Les consommateurs sont d’ailleurs aujourd’hui très sensibilisés aux thématiques sanitaires. C’est pourquoi la blockchain permettra d’améliorer la traçabilité des lots, pour éviter des situations telles que l’affaire Lactalis.separator

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