La robotisation pour tous

Jusqu’à présent, on pensait que la robotisation et l’automatisation étaient réservées aux grands groupes, notamment pour des questions de montant d’investissement et en raison des ressources à mobiliser pour la mise en place et la maintenance des machines. Mais désormais, cela se démocratise et s’annonce positif pour les emballages, comme évoqué au cours de cette conférence ALL4PACK Paris de novembre 2018.

Quels sont les enjeux de la robotisation ?

L’un des principaux enjeux de la robotique collaborative est de permettre l’introduction de la robotisation dans des PME, où l’on pensait auparavant que c’était impossible, notamment pour des raisons de compétence ou de rentabilité. Il existe aujourd’hui de nouveaux types de robots, plus facilement appréhendables par les PME, plus faciles à mettre en place, plus légers donc déplaçables et permettant un retour sur investissement.

Ces robots peuvent être utilisés lors de la fabrication des produits ainsi que pour leur emballage au sein de la chaîne de production.

En raison d’une mésentente juridique, le développement de la robotisation collaborative a été ralenti dans l’Hexagone, puisque l’on pensait qu’il était interdit de mettre un opérateur à côté d’un robot en mouvement. La réalité est tout autre, cela est autorisé, mais doit être encadré. On désigne par le terme de robotique collaborative un espace de travail partagé par l’humain et la machine sans barrière.

Pour la société Universal Robots, la création de robots permet d’aider les équipes de production, de la fabrication des produits jusqu'au moment de leur emballage. Jusqu’à présent, les robots traditionnels étaient adaptés à des postes fortement automatisés au prix d’un certain nombre de contraintes, nécessitant des équipes support solides pour résoudre rapidement les problèmes.

En listant les enjeux dans les ateliers, Universal Robots a inventé un bras industriel capable d’être programmé facilement, intégrant des fonctions de sécurité et des caractéristiques qui lui permettent d’interagir avec les utilisateurs. Pour des raisons de sécurité, il ne peut pas aller aussi vite ni porter des charges aussi lourdes qu’un bras en cage, mais il fait preuve de beaucoup plus de polyvalence que celui-ci.

De son côté, la société Fenwick Robotics est leader en France et en Europe dans le secteur des chariots robotisés. L’enseigne s’adresse à tous les types d’entreprises, dont les PME qu’elle accompagne dans leur transition vers la robotisation.

Il existe un réel besoin de robotiser pour toutes les entreprises, car la compétitivité est en jeu.  Mais cela est plus compliqué pour les PME, qui ont souvent l’impression qu’il est nécessaire de tout changer et tout remettre à zéro. De fait, elles perçoivent le coût et les contraintes de l’investissement comme étant dissuasifs.

Il existe des cas spécifiques où la robotisation fera disparaître des postes, mais d’autres où la compétitivité apportera davantage d’activité, donc davantage d’employés. Ceci aussi bien en amont de la chaîne de production qu’en aval, au moment de placer les produits dans leurs emballages.


Quelles sont les étapes fondamentales de la mise en œuvre d’un projet d’automatisation ?

Dans un premier temps, il importe d’identifier les besoins de l’entreprise, puis d’impliquer l’ensemble du personnel dans le projet, et de définir le budget alloué à l’acquisition d’un parc robotique. Un robot n’est pas forcément rapide, mais s’adapte au rythme des humains qui l’entourent. Si l’on arrive à parvenir à une cadence suffisante et à utiliser la flexibilité apportée par les machines, le bénéfice est garanti.

En matière de budget et de rentabilité, une PME ne doit pas forcément remplacer un homme par un robot, mais parfois par deux robots puisqu’ils ne sont pas parfaits. Quoi qu’il en soit, même si l’on ajoute un ou deux robots de plus pour accélérer la fabrication des produits et leur emballage, l’important est d’obtenir un retour sur investissement.

Les gens travaillent en entreprise plus longtemps, c’est pourquoi lorsque les tâches sont répétitives et conduisent à des risques d'apparition de troubles musculosquelettiques, il faut prendre en compte cette problématique et penser à des solutions alternatives. Un robot collaboratif ne supprime pas un emploi, mais une tâche pénible.

Pour Universal Robots, l’Homme, sa créativité et son adaptabilité doivent être valorisés. La robotisation collaborative existe donc pour décharger les opérateurs des tâches répétitives et manuelles, comme le rangement des produits dans leurs emballages, pour les pousser à utiliser leur intelligence et leur créativité. Cela répond aux nouveaux besoins du marché, qui tend vers toujours plus de personnalisation, donc nécessite des outils de production agiles.

Les pays les plus robotisés sont le Japon et l’Allemagne, et ce sont aussi des pays avec un faible taux de chômage. En France, il existe de belles sociétés en robotisation et en intelligence artificielle, mais elles sont en retard sur le marché, en raison d’un contexte réglementaire pas toujours bien lu. Ce retard est toutefois sur le point d’être comblé.

Selon une étude réalisée par le MIT, les équipes humaines et robotiques sont 85% plus efficaces quand elles travaillent de concert que lorsqu’elles travaillent séparément.

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