L’emballage à l’aube de sa révolution

L’objectif de cette conférence ALL4PACK Paris de novembre 2018 est d’exposer les transformations que va connaître l’humanité dans les prochaines décennies, et plus particulièrement leur impact sur les emballages. Toutes les études menées sur la question parviennent à la conclusion que l’emballage est le parfait reflet de notre société.

Quatre thèmes forts émergent de ces études, à savoir l’impact du vieillissement de la population sur la conception des packagings, l’extinction des ressources naturelles utilisées dans leur fabrication, l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) pour le traitement des données et la révolution des mobilités pour leur transport.

Le vieillissement de la population

Environ 53% des produits de grande consommation en France sont achetés par des plus de 50 ans. Les plus de 65 ans représentent près de 20% de la population européenne, et augmenteront de 80% d’ici 2050. Dans le monde, on dénombre 500 000 centenaires, qui seront 26 millions en 2100.

Un emballage dont les inscriptions présentent des défauts de visibilité se présente comme un problème pour ces consommateurs. Il en va de même en ce qui concerne l’ouverture et la fermeture des produits, leur poids, leur format et les messages qu’ils transmettent.

Les codes graphiques, conçus par les nouvelles générations, ne sont pas compris par les personnes âgées. De plus, à mesure que l’on rencontre des difficultés à lire, ouvrir ou porter des produits, on cesse progressivement d’utiliser la marque concernée. Il reste aujourd’hui beaucoup de progrès à faire concernant la facilité d’utilisation des emballages. Il faut pour cela notamment se pencher sur le packaging intelligent qui permettrait de visualiser plus facilement les risques, l’utilisation ou l’histoire des produits.


L’extinction des ressources naturelles utilisées pour concevoir les emballages

C’est désormais une certitude incontestable, les ressources de la planète ne sont pas inépuisables. Le « Jour du Dépassement Mondial », qui est le jour à partir duquel nous consommons davantage que la planète est capable de régénérer en une année, a eu lieu le 29 décembre en 1970. On vivait alors deux jours « à crédit ».

En 2018, il a eu lieu le 1er août, et si l’on continue de cette manière, il arrivera courant avril en 2050, et en début d’année à la fin du siècle. On aura donc consommé un an à l’avance les ressources pouvant être régénérées par la Terre.

L’épuisement du pétrole pourrait avoir lieu en 2050 ou 2070, celui du fer entre 2072 et 2092, celui de la silice entre 2100 et 2150, et celui de l’aluminium entre 2140 et 2160. Nous nous dirigeons donc vers une situation où les matériaux d’emballage n’existeront plus.

Pour y remédier, il faudrait interdire les emballages inutiles, le suremballage, l’emballage composite, non recyclable et en plastique d’origine fossile. Il faudrait également limiter le nombre de ces emballages, favoriser les matériaux recyclables, développer les matériaux biosourcés, relancer le concept d’emballages réutilisables et créer des produits qui n’ont pas besoin d’être emballés.

Pour aboutir à ces solutions, les citoyens doivent être éduqués et sensibilisés. Il faut également mettre en place davantage d’obligation et de répression, de la taxation, de la facilitation, des récompenses, ainsi que de nouveaux matériaux et modèles.

Par ailleurs, adopter des solutions végétales et biosourcées ne doit pas créer de phénomène inverse. En effet, le risque serait alors d’utiliser trop de ressources naturelles et de les épuiser. Il importe de trouver des solutions plus viables sur le plan écologique, visant notamment à utiliser moins de packaging.

Il n’est pas possible pour les retailers et les marques de créer des espaces dépourvus du moindre emballage, c’est pourquoi il importe d’éviter certains matériaux, réduire l’utilisation des plus polluants et reconstruire ceux qui peuvent l’être.

Certaines politiques plus radicales permettraient de récompenser et de pénaliser les consommateurs. En Chine par exemple, il existe un système de notation des citoyens. Adapter ce système au traitement des déchets en France pourrait donner des résultats. Une autre solution pourrait être de mettre en place des systèmes de traçabilité du pack jusqu’à la maison.

L’arrivée de l’IA dans tous les domaines

L’intelligence artificielle connaît un réel essor. Elle va s’étendre dans tous les domaines de notre vie, visant davantage de sécurité et d’information pour les consommateurs. L’IA offrira de nombreux avantages, à savoir :

  • Mieux vendre et mieux communiquer grâce à une meilleure connaissance du consommateur.
  • Lutter contre la contrefaçon et garantir la qualité des contenus.
  • Faciliter l’utilisation des produits.
  • Lutter contre le gaspillage.
  • Assister les populations vieillissantes.

L’intelligence artificielle peut servir de rappel à notre conscience de consommateur. Notre consommation sera mieux pensée, puisqu’elle est aujourd’hui davantage liée à des émotions qu’à de la logique ou de la conscience.

La révolution des mobilités

Avec la révolution des mobilités, les problématiques de l’emballage seront liées à ses dimensions et à sa forme, ainsi qu’à sa fermeture, sa stabilité, ses conditions thermiques et la gestion des déchets. La mobilité sera à l’origine de nouveaux produits, qui notamment ne se renversent pas et surtout disposent d’une plus grande longévité de consommation.

Enfin, les prouesses des véhicules autonomes et de la technologie sont prometteuses, mais le risque est de faire de la voiture une poubelle roulante. Une voiture qui n’a pas besoin de conducteur ne comporte que des passagers, qui sont potentiellement des consommateurs de nourriture et d’emballages au fil de leurs trajets. Il faut donc développer le packaging pour qu’il se ferme et ne se renverse pas, mais également questionner le traitement des déchets dans un véhicule en mouvement.

Intervenants